Nounouto (anciennement Nounou-top) est une plateforme de mise en relation entre familles et professionnels de la garde d’enfants. Son fonctionnement repose sur la publication d’annonces et la consultation de profils, sans lien contractuel direct entre la plateforme et les intervenants. Cette distinction a des conséquences concrètes sur la protection des familles, tant sur le plan de la sécurité que sur celui du contrat de travail.
Vérification des profils sur Nounouto : ce que la plateforme contrôle vraiment
La DGCCRF a engagé des procédures de mise en conformité contre Nounou-top en raison de pratiques commerciales jugées potentiellement trompeuses. L’alerte, relayée par la Fédération des entreprises de services aux particuliers (FESP), porte sur un point précis : la réalité des vérifications affichées par la plateforme concernant l’identité, les qualifications et les compétences des profils.
Un plan de contrôle élargi des plateformes de garde d’enfants a été annoncé pour vérifier la loyauté des informations fournies aux familles. La mention « profil vérifié » sur Nounouto ne garantit pas que la plateforme a procédé à un contrôle systématique des diplômes, de l’agrément ou du casier judiciaire.
La responsabilité de vérifier les documents du candidat repose donc sur le parent employeur. Avant de confier un enfant, il faut exiger et consulter soi-même les pièces suivantes :
- L’agrément délivré par le conseil départemental, si la personne se déclare assistante maternelle (document avec date de validité et nombre d’enfants autorisés)
- Une pièce d’identité en cours de validité et, si possible, un extrait de casier judiciaire (bulletin n° 3, que le candidat peut demander gratuitement)
- Les attestations de formation aux premiers secours ou tout certificat lié à la petite enfance (CAP AEPE, par exemple)

Contrat de travail avec une nounou à domicile : clauses de sécurité à intégrer
Lorsqu’une famille embauche une garde d’enfants à domicile trouvée sur Nounouto, elle devient particulier employeur. Le contrat de travail n’est pas une formalité administrative accessoire : c’est le seul document qui encadre les obligations de chaque partie en matière de sécurité.
Période d’essai et cadre horaire
La période d’essai permet de vérifier la compatibilité entre la nounou et l’enfant. Elle doit figurer par écrit dans le contrat, avec sa durée exacte. Sans mention écrite, elle est réputée inexistante, ce qui complique toute rupture rapide en cas de doute.
Le contrat précise aussi les horaires, les tâches liées à l’enfant et les lieux autorisés (domicile, parc, trajet scolaire). Ces éléments ne sont pas de simples détails pratiques. En cas d’accident survenu hors du cadre prévu au contrat, la question de la responsabilité devient immédiatement plus complexe.
Clause sur les consignes de sécurité au domicile
Le contrat peut inclure une annexe listant les règles de sécurité applicables au domicile : interdiction d’utiliser certains appareils, consignes sur les produits ménagers rangés hors de portée, protocole en cas de fièvre ou de chute. Ce document, signé par les deux parties, crée une référence écrite en cas de litige.
Assurance responsabilité civile et assurance habitation : qui couvre quoi
La confusion entre responsabilité civile et assurance habitation est fréquente chez les parents employeurs. Les deux jouent un rôle distinct dans la protection de la famille.
L’assurance habitation du parent couvre les dommages causés par un sinistre survenu dans le logement (dégât des eaux, incendie). En revanche, si l’enfant se blesse à cause d’une négligence de la nounou, c’est la responsabilité civile professionnelle de cette dernière qui peut être engagée.
Le problème : une nounou à domicile employée par un particulier ne dispose pas toujours d’une assurance responsabilité civile professionnelle. Sa responsabilité civile personnelle (souvent incluse dans son propre contrat d’habitation) peut être insuffisante pour couvrir des dommages corporels graves.
La famille a donc intérêt à vérifier deux éléments avant le début de la garde :
- Que sa propre assurance habitation inclut bien une clause couvrant la présence d’un salarié à domicile, et prévenir l’assureur de cet emploi
- Que la nounou dispose d’une attestation de responsabilité civile valide, couvrant son activité professionnelle
- Que le contrat de travail mentionne explicitement l’obligation pour la salariée de maintenir cette couverture pendant toute la durée du contrat

Sécurité des enfants et vigilance parentale sur les plateformes de garde
En août 2026, des plaintes pénales pour violences sexuelles impliquant des baby-sitters recrutés via Nounou-top ont été médiatisées par Mediapart. Ce type d’affaire rappelle que la plateforme n’est pas l’employeur et n’assume pas la responsabilité des actes commis par les intervenants mis en relation.
La CAF du Puy-de-Dôme a publié un appel à la vigilance destiné aux parents employant un professionnel trouvé en ligne. Le message est clair : la mise en relation numérique ne remplace ni l’entretien en personne, ni la vérification documentaire, ni le suivi régulier une fois la garde commencée.
Mesures concrètes après l’embauche
Prévoir un retour quotidien, même bref, sur le déroulement de la journée permet de détecter des signaux précoces. Observer le comportement de l’enfant à la reprise de garde (agitation inhabituelle, repli, réticence au moment de la séparation) fait partie de la vigilance de base.
Le contrat peut aussi prévoir une clause autorisant les visites inopinées du parent au domicile ou l’installation d’un dispositif de surveillance, à condition d’en informer la salariée par écrit (obligation légale liée au droit à l’image et à la vie privée).
La protection d’une famille qui passe par Nounouto repose sur trois piliers : vérifier soi-même chaque document avant l’embauche, rédiger un contrat de travail détaillé incluant des clauses de sécurité, et s’assurer que les couvertures d’assurance sont adaptées à la situation réelle. La plateforme facilite la mise en relation, mais la responsabilité juridique et humaine reste entre les mains du parent employeur.

